jeudi, 30 septembre 2010

Marché carbone (part. 14) : la place des forêts

14. sous bois © oliver0212 - Fotolia.jpgDans le cadre de la mise en place des projets de compensation évoqués précédemment, les forêts ont un rôle important à jouer, car le carbone est un constituant essentiel des végétaux. Les arbres, en pleine croissance, absorbent de larges quantités de CO2 (même si une partie est rejetée par respiration). Les projets forestiers portent donc essentiellement sur le reboisement et la gestion forestière durable en vue d’exploiter le bois (pour la construction notamment). Ils sont menés dans le cadre de compensation volontaire (20% sont consacrés à des programmes de conservation de la forêt) ou de Mécanismes de développement propre (issus du Protocole de Kyoto). Les forêts sont ainsi perçues comme pouvant stocker du carbone (on parle même de "puits de carbone").

La difficulté consiste naturellement à quantifier précisément les taux de CO2 pouvant être absorbés. Les référentiels sont constamment affinés par les experts notamment du fait de :

  • L’évolution dans le temps : des arbres en pleine croissance absorbent a priori plus de carbone qu’arrivés à maturité. Une forêt jeune (moins de 100 ans) ou qui vient d’être plantée doit en théorie stocker des volumes de CO2 plus importants. Néanmoins, les végétaux, même dans une forêt plus âgée, se renouvellent sans cesse. La difficulté est donc d’évaluer l’équilibre qui s’instaure après un certain temps entre CO2 absorbé pour la croissance et CO2 rejeté via la respiration ou la décomposition à la mort des végétaux.
  • La profondeur du sol : certes, le carbone est aussi absorbé dans le sol, mais de quelle profondeur tenir compte dans les calculs ? Plusieurs hypothèses peuvent être retenues en fonction des types de sols et des essences plantées ou naturelles. La variation des capacités de captation doit donc être prises en compte.

Il reste que les forêts présentent un atout non négligeable : en sus de l’absorption de CO2, notamment dans les pays émergents, les valoriser intelligemment peut contribuer à protéger la biodiversité et lutter contre l’appauvrissement des sols et l’érosion. Le marché carbone forestier s'inscrit également au bénéfice des populations locales dans le cadre d'un rééquilibrage des rapports Nord-Sud - notamment pour l'Afrique qui pourra tirer de son poumon vert des revenus récurrents très importants.

Enfin, si les forêts stockent du carbone, les brûler le relâche. On comprend donc mieux pourquoi la déforestation est responsable de plus de 17% des émissions de CO2 dans le monde. Enrayer ce processus dramatique doit logiquement conduire à limiter ces émissions. Partant de ce principe, l’ONU a lancé l’instrument REDD (Réduction des Emissions provenant de la Déforestation et de la Dégradation des forets dans les pays en développement) pour valoriser des projets forestiers grâce aux crédits carbone.

L'essentiel des projets que nous mettons en oeuvre avec ma société Alternative Carbon s'inscrit dans les programmes REDD...

A venir :  REDD, l'instrument de l'ONU contre la déforestation.

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++ Pour en savoir plus
" Comment prendre en compte la forêt dans la compensation carbone ?", Novethic (01/07/2010)
Crédit image : © oliver0212 / Fotolia

Commentaires

très interessant

Écrit par : Sel | vendredi, 01 octobre 2010

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