jeudi, 05 août 2010
Marché carbone (part. 1) : comprendre son fonctionnement
Je suis un entrepreneur. Depuis plusieurs mois, je m'intéresse tout particulièrement aux "crédits carbone" et notamment aux VER (pour Voluntary Emission Reduction), un mécanisme compensatoire des émissions de CO2 basé sur le volontariat... Je vous parle Chinois ? C'est effectivement un sujet assez technique - et pourtant déterminant pour l'avenir de la planète !
C'est la raison pour laquelle sur les prochaines semaines, je vous propose de retrouver dans les colonnes de ce blog un feuilleton qui vous permettra de mieux comprendre le "marché carbone", ses enjeux et mon nouveau projet entrepreneurial : Alternative Carbon... Parce que dans la jungle financière, urbaine ou du développement durable, on a souvent besoin d'un guide...
Episode 1 : Réduire les émissions de gaz à effet de serre, la genèse...
Derrière le débat sur le réchauffement climatique qui déchaîne parfois les passions se cache une autre polémique, encore réservée aux initiés : le marché du carbone.
Loin de nos préoccupations quotidiennes, ces mécanismes financiers impliquent pourtant une large part des industries qui alimentent nos besoins de consommateurs. Et à raison de transactions dans les marchés du carbone atteignant 86 milliards d’euros entre 2007 et 2008, ils méritent grandement qu’on s’y intéresse.
Pour bien comprendre les enjeux, il est nécessaire de faire un petit rappel : pourquoi se focaliser sur le CO2 (abusivement résumé par "carbone") ? L’atmosphère terrestre est partiellement constituée de gaz à effet de serre (GES) qui agissent comme une cloche retenant une partie des rayonnements solaires. Ce phénomène est vital car il permet de maintenir une température moyenne de 15 °C à la surface du globe contre - 18 °C sinon. Mais si les GES sont en excès, le phénomène s’accentue, contribuant à réchauffer toujours plus l’atmosphère. Or, en 40 ans, les émissions anthropiques de GES, dont le CO2 constitue une large part, ont augmenté de 70%, avec une concentration de CO2 frisant désormais les 400 ppm (parties par million) tandis qu’elle n’avait pas dépassé 280 ppm depuis 400 000 ans !
Le changement climatique est aujourd’hui une réalité où le rôle prépondérant des émissions humaines est désormais admis par la communauté internationale, s’appuyant sur les rapports du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat).
Rien qu’en France, l’ONERC (Observatoire National sur les Effets du réchauffement Climatique) prévoit un déficit de 2 milliards de m3 d’eau par an pour satisfaire les besoins actuels de l’industrie, de l’agriculture et de l’alimentation d’ici 2050. Le sud sera frappé de longs épisodes de sécheresse, interdisant la culture de nombreuses espèces qui, de surcroit, devront faire face à de nouvelles maladies favorisées par l’augmentation de température. L’ensemble des changements induira nécessairement une modification profonde du tissu socio-économique local.
Le coût de l’inaction est connu : il est évalué à 5500 milliards d’euros dans le monde. Limiter le changement climatique et son impact sur l’environnement et nos sociétés devient primordial et nous devons réduire rapidement nos émissions de GES.
Mais pour qu’une politique soit efficace et surtout, soutenue, elle ne doit pas menacer le développement économique mondial – ce qui constitue un véritable défi car la recherche de profit vise constamment l’abaissement des coûts, souvent au détriment de la prise en compte des impacts environnementaux.
Face à ce constat, il fallait trouver une solution qui puisse limiter la production de GES à l’échelle mondiale et de façon synchronisée. Cette nécessité a donc amené à mettre en place des mécanismes financiers autour des marchés carbone dont les développements ont connu en l’espace de quelques années un essor considérable.
On connaît le débat : greed is good vs. green is good... En voici la version environnementale : les marchés boursiers ou un mécanisme de transaction financière peut-il avoir un effet de levier favorable à l'environnement ? La réponse est OUI et c'est ce que je vais essayer de vous démontrer avec ce petit feuilleton didactique...
Poursuivre vers l'épisode 2: Les secteurs responsables des émissions de GES
---------------------
++ Pour en savoir plus
Les rapports de l’ONERC (Observatoire National sur les Effets du réchauffement Climatique)
"10 [Idées reçues] sur le climat" – La Recherche, 2007
Le rapport Stern
Crédit photo : © Barren Land
22:18 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : marché carbone, lotfi bel hadj, expert marché carbone, comprendre le marché carbone |
|
del.icio.us
|
|
Digg |
Facebook





Les commentaires sont fermés.